Devant la Haute-Commissaire à l’Enfance, un avocat simule l’achat d’un enfant sur SexeModel en moins de 30 secondes depuis son portable

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Le 3 juillet 2026, dans les locaux de La Provence à Marseille, l’avocat Michel Amas a sorti son téléphone. Il a ouvert SexeModel. En moins de trente secondes, il a trouvé une annonce pour une « petite jeune fille » de 1,53 m, affiché le tarif – 100 euros les trente minutes, 400 euros les deux heures – et simulé le paiement par carte bleue. Devant lui, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, regardait. Le site est toujours en ligne.

mise à jour le 06/07/26

Michel Amas a montré qu’en moins de trente secondes, n’importe qui peut simuler l’achat d’un enfant. Carte bleue acceptée.

Une démonstration sous les yeux de la Haute-Commissaire

Michel Amas ne s’attendait pas à pouvoir faire la démonstration aussi vite. Ce jour-là, face à Sarah El Haïry, il a ouvert le site SexeModel depuis son portable. Sur l’écran, une annonce : une jeune fille de 1,53, m des tarifs clairs, un numéro de proxénète. Il a simulé le paiement. « J’aurai pu payer en carte bleue », a-t-il précisé.

La haute-commissaire, ancienne ministre déléguée à l’Enfance du gouvernement Macron, a regardé. L’avocat a écrit sur X que son « regard laisse présager l’action ». Depuis, rien n’a bougé. SexeModel est toujours accessible.

Agencesgouvernementales


Des sites qui ferment… et renaissent

Michel Amas avait déjà demandé la fermeture de SexeModel en juillet 2025. Un an plus tard, le site tourne toujours. Et il n’est pas le seul. Cocoland, fermé en 2024 après avoir hébergé des pédocriminels, renaît sous le nom de Bounty.

Sarah El Haïry a saisi l’Arcom et fait un signalement à Pharos. Mais Bounty reste accessible, avec des salons où des utilisateurs échangent librement des propositions sexuelles.

Michel Amas résume la situation : « Il faut arrêter de jouer au jeu du chat et de la souris. »



Caming, viol sur commande : les pratiques s’aggravent

Sur ces plateformes, il ne s’agit pas seulement de prostitution classique. On y trouve du caming *, des diffusions en direct depuis la chambre d’un enfant, des annonces qui ciblent explicitement des mineurs. La Fédération Fact-S décrit une prostitution « plus invisible, proche du porno », où le client peut tout choisir : mensurations, pratiques sexuelles, et payer en ligne.

Les chiffres donnent le vertige. Entre 10 000 et 15 000 mineurs sont en situation de prostitution en France. Le nombre d’affaires judiciarisées a été multiplié par dix entre 2015 et 2024. Les associations parlent d’un phénomène en hausse constante.

Un système qui protège le business

Pour l’avocat marseillais, le problème est clair. Ce n’est pas une faille technique qui laisse SexeModel et ses semblables en ligne. C’est un choix.

Choisir de ne pas bloquer efficacement les paiements.
Choisir de laisser des sites connus pour la prostitution de mineurs prospérer.
Choisir de multiplier les discours et les plans tout en laissant les plateformes fonctionner.

Lors d’une rencontre avec les lecteurs de La Provence, Michel Amas a montré qu’en moins de trente secondes, n’importe qui peut simuler l’achat d’un enfant. Carte bleue acceptée.

Sarah El Haïry a vu de ses yeux ce que les associations dénoncent depuis des années. Le système ne protège pas les enfants. Il protège le business, les flux d’argent, et l’illusion que tout est sous contrôle.



e « caming » consiste à se livrer, devant une caméra, à des agissements à caractère sexuel, retransmis en direct par un moyen de communication audiovisuelle à des clients, qui les sollicitent et les rémunèrent grâce au paiement à distance

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