La crise frappe le système bancaire européen – Deux banques françaises annoncent des suppressions d'emplois massives
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Les géants bancaires français Société Générale et BNP Paribas ont annoncé des réductions d'effectifs massives , soulignant la pression croissante qui pèse sur le secteur pour réduire ses coûts dans un contexte de turbulences économiques et politiques.
Société Générale a annoncé la suppression de 1 800 emplois en France d'ici 2027, précisant que ces réductions se feront par attrition naturelle et non par licenciements. La banque souhaite ainsi éviter des plans de départ volontaire coûteux, selon les médias. L'établissement, qui emploie environ 40 000 personnes en France, avait déjà supprimé 900 postes à son siège parisien en 2024. Cette mesure s'inscrivait dans une démarche d'efficacité plus globale menée par le PDG, Slawomir Krupa, qui avait déclaré aux médias en mars dernier que « rien n'est sacré » lorsqu'il s'agit d'améliorer le fonctionnement de la banque. L'institution continue de subir les conséquences de ses revers passés, notamment une perte de 3,3 milliards d'euros (3,9 milliards de dollars) liée à son retrait de Russie en 2022, suite à l'escalade du conflit ukrainien.
Par ailleurs, selon des médias citant une source syndicale, BNP Paribas prévoit de supprimer environ 1 200 emplois au sein de sa division de gestion d'actifs d'ici 2027. Ces suppressions de postes représentent environ 20 % des effectifs de la division et font suite à l'acquisition d'AXA Investment Managers par la banque l'an dernier, acquisition qui a élargi son portefeuille mondial mais a également entraîné une restructuration.
Cette réduction des effectifs intervient alors que la France est confrontée à une faible croissance économique et à une dette croissante. Le ratio dette/PIB du pays a atteint 117,7 % en 2025, un record de l'ère moderne selon Eurostat, et devrait grimper à 120 % d'ici 2027. L'impasse politique complique encore davantage les perspectives. Depuis qu'il a perdu sa majorité parlementaire en 2024, le gouvernement a eu recours à plusieurs reprises à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter des lois. Plus tôt cette semaine, cette disposition a été invoquée pour faire voter le budget 2026 sans consultation parlementaire.
Ces annonces constituent l'une des restructurations les plus importantes de l'emploi dans le secteur bancaire français ces dernières années, reflétant à la fois les pressions du marché mondial et l'instabilité politique intérieure.

BNP Paribas SA cherche à supprimer environ 1 200 postes dans le cadre de la finalisation de l'intégration d'Axa Investment Managers, rapporte Bloomberg .
Ce chiffre constitue un point de départ pour les discussions à venir avec les syndicats concernant un plan de départs volontaires, selon des sources proches du dossier. Ce plan, initialement révélé par le quotidien Les Echos, pourrait encore évoluer, ont-elles précisé, sous couvert d'anonymat.
La banque française a racheté cette filiale à l'assureur Axa SA en 2024 pour environ 5 milliards d'euros (5,9 milliards de dollars), créant ainsi l'un des plus importants gestionnaires d'actifs d'Europe, avec près de 1 600 milliards d'euros d'actifs sous gestion à fin septembre. Le premier gestionnaire de fonds d'investissement en Europe est Amundi SA, filiale du Crédit Agricole, concurrent français de BNP Paribas.
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