Guerre en Iran : au bord de la catastrophe

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Recherche mondiale, 4 mars 2026


Le Moyen-Orient se trouve à un carrefour périlleux. Ces derniers jours, la confrontation directe entre les États-Unis, Israël et l'Iran s'est intensifiée de façon dramatique, faisant craindre un conflit régional plus vaste. Les informations faisant état de frappes aériennes, d'assassinats ciblés et de victimes civiles ont choqué l'opinion publique internationale et suscité de profondes inquiétudes quant à l'avenir.


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Dans des moments comme ceux-ci, la rhétorique s'enflamme, les récits se radicalisent et l'espace pour la raison se réduit. Pourtant, c'est précisément dans ces moments-là que la clarté, la légalité et la retenue morale sont plus que jamais nécessaires. La question qui se pose à la communauté internationale n'est pas seulement de savoir qui a frappé le premier ou qui a riposté le plus violemment. Il s'agit de savoir si le fragile édifice du droit international – construit sur les cendres de deux guerres mondiales – résistera ou s'il s'effondrera sous le poids des rapports de force.

La centralité de la souveraineté et la Charte des Nations Unies

Le fondement des relations internationales modernes repose sur l'interdiction du recours à la force, inscrite à l'article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies. Il est interdit aux États d'utiliser la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre État, sauf en cas de légitime défense au sens de l'article 51 ou sur autorisation du Conseil de sécurité.

Toute action militaire qui contourne ces mécanismes s'expose à un examen juridique approfondi. Si la force est employée sans preuve manifeste d'une attaque armée imminente ou sans autorisation multilatérale, elle risque d'être considérée comme une agression au regard du droit international. De même, les assassinats ciblés de dirigeants politiques ou religieux – s'ils sont perpétrés hors d'un champ de bataille actif et sans justification légitime – soulèvent de profondes questions juridiques et éthiques.

Le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève, exige une distinction entre combattants et civils et interdit les attaques contre les infrastructures civiles. Les écoles, les hôpitaux, les réseaux d'approvisionnement en eau et les réseaux électriques ne sont pas de simples atouts stratégiques ; ils sont essentiels à la survie des populations. Leur destruction se fait sentir longtemps après les bombardements, frappant bien plus durement les plus vulnérables que les puissants.

Si des victimes civiles ont effectivement été déplorées et si des infrastructures essentielles à la survie ont été endommagées, ces allégations doivent faire l'objet d'une enquête indépendante. La responsabilité n'est pas un instrument politique ; c'est une obligation universelle.

L'Iran revendique la légitime défense

Du point de vue de Téhéran, les mesures de représailles sont présentées comme l'exercice du droit inhérent de légitime défense, garanti par l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Le droit international reconnaît qu'un État victime d'une attaque armée peut riposter de manière proportionnée et nécessaire.

Objectifs stratégiques et résultats stratégiques

L'histoire nous enseigne qu'une puissance militaire écrasante ne se traduit pas automatiquement par un succès politique durable. Les États-Unis, malgré leurs capacités inégalées, ont appris lors des guerres prolongées du Vietnam et d'Afghanistan que la domination sur le champ de bataille ne garantit pas la victoire stratégique. Les campagnes militaires qui manquent de légitimité internationale ou d'un large soutien national érodent souvent le capital politique au pays et la crédibilité à l'étranger.

Si l'objectif d'une action militaire est un changement de régime ou une fragmentation territoriale, l'histoire nous offre une fois de plus des leçons édifiantes. Les tentatives extérieures de remodeler les systèmes politiques engendrent fréquemment une instabilité qui perdure pendant des décennies. Les sociétés soumises à des pressions extérieures ont tendance à se consolider plutôt qu'à s'effondrer. L'identité nationale, notamment dans les civilisations anciennes comme l'Iran, ne se laisse pas facilement briser par la force.

L'Iran se présente comme une nation résiliente et respectueuse du droit, défendant sa souveraineté. Que l'on approuve ou non la politique de Téhéran, il est indéniable que l'Iran possède une profonde continuité historique, un fort sentiment d'identité nationale et des structures institutionnelles capables de mobiliser la société face à une menace extérieure. La pression seule contraint rarement à la capitulation ; elle renforce plus souvent la détermination.

Pressions internes et calculs de leadership

Les guerres à l'étranger ont immanquablement des répercussions aux États-Unis. Historiquement, l'opinion publique américaine s'est montrée prudente face à un enlisement prolongé au Moyen-Orient. Les dirigeants élus doivent prendre en compte non seulement les calculs stratégiques, mais aussi les tensions économiques, la polarisation politique et le coût humain supporté par les militaires et leurs familles.

Les spéculations sur la psychologie des dirigeants ou leurs motivations personnelles peuvent faire les gros titres, mais une analyse approfondie exige bien plus que de simples portraits de personnalités. Les systèmes démocratiques sont des écosystèmes complexes composés de conseillers, de législateurs, de militaires et d'électeurs. Les décisions émergent de ce réseau de pressions et de contraintes.

Un danger demeure cependant indéniable : l’escalade due à une erreur d’appréciation. Dans les crises marquées par une méfiance réciproque, les cycles de représailles peuvent rapidement dégénérer et dépasser les intentions initiales. Ce risque devient existentiel lorsque des États dotés de l’arme nucléaire sont impliqués.

L'ombre nucléaire

Image : Bombardement atomique d'Hiroshima en 1945



Le souvenir des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945 continue de hanter l'humanité. Ces événements ont mis fin à une guerre mondiale dévastatrice, mais ont inauguré l'ère nucléaire – une période caractérisée par la conscience que la civilisation humaine pouvait, en théorie, s'anéantir.

L'existence même des armes nucléaires impose un fardeau moral aux dirigeants. Même des déclarations menaçantes quant à leur utilisation peuvent exacerber les tensions et déstabiliser les marchés mondiaux. Toute escalade nucléaire au Moyen-Orient ne se limiterait pas à une seule région ; ses répercussions s'étendraient à travers les continents.

Voici l’impératif ultime : les États dotés de l’arme nucléaire doivent agir avec une prudence extrême. La patience stratégique n’est pas une faiblesse ; c’est une responsabilité.

Gaza, tensions régionales et risque d'expansion

Les dynamiques régionales complexifient encore la situation. L'agression continue contre la bande de Gaza a déjà enflammé l'opinion publique dans le monde musulman et au-delà. Les images de souffrance, notamment celle des enfants, ont suscité une vive indignation morale et renforcé la méfiance envers les politiques occidentales.

Si le conflit actuel s'étend à d'autres acteurs, le bilan humanitaire pourrait se multiplier. Les marchés de l'énergie seraient bouleversés, les voies maritimes pourraient être bloquées et les économies fragiles, notamment dans les pays en développement, en subiraient les conséquences les plus graves.

Aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne serait à l'abri de ces conséquences.

Le rôle de la communauté internationale

La responsabilité de prévenir une catastrophe n'incombe pas uniquement aux parties directement impliquées. Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir d'urgence pour traiter la crise. Les organisations régionales, notamment l'Organisation de la coopération islamique, peuvent offrir des voies diplomatiques et mettre en œuvre des mesures de confiance. Les grandes puissances ayant une influence sur les parties devraient privilégier la désescalade à la recherche d'un avantage géopolitique.

Les demandes d'enquêtes indépendantes sur les violations présumées du droit international ne sont pas des actes d'hostilité, mais des actes de responsabilité. Si les règles sont appliquées de manière sélective, elles perdent leur légitimité. Si elles sont respectées de façon constante, même à l'encontre des États puissants, elles se renforcent.

La société civile, les universitaires et les médias ont également une responsabilité. Un débat nuancé, un journalisme factuel et une lucidité morale sont des remèdes à la propagande et à la polarisation. L'objectif doit être la vérité et la transparence, et non l'exacerbation des griefs.

Un choix entre la force et la loi

Au fond, la crise actuelle pose un choix simple mais fondamental : l’ordre mondial sera-t-il régi par la force ou par le droit ? L’architecture du monde d’après-guerre a été conçue précisément pour prévenir les cycles de vengeance et d’anéantissement. Elle repose certes sur des institutions imparfaites, mais l’alternative – la force débridée – est infiniment pire.

Si une agression a eu lieu, elle doit être reconnue et traitée par les voies légales. Si la légitime défense est invoquée, elle doit être exercée dans le respect du cadre légal. Si des crimes de guerre sont allégués, des enquêtes impartiales doivent être menées.

Ce qui ne doit absolument pas arriver, c'est la normalisation de l'escalade.

Un plaidoyer pour l'humanité

Chaque bombe qui tombe détruit bien plus qu'une structure ; elle érode la confiance dans la possibilité de la coexistence. Chaque enfant tué diminue notre autorité morale collective. Chaque acte de vengeance en appelle un autre.

Les peuples d'Iran, d'Israël, des États-Unis et de la région dans son ensemble méritent sécurité, dignité et paix. Ils méritent des dirigeants qui privilégient la prudence à l'orgueil et la diplomatie à la destruction.

La paix n'est pas de la naïveté, mais une sagesse stratégique. Elle reconnaît que, dans un monde interconnecté, la dévastation ne peut être isolée. Les chocs économiques, les flux de réfugiés, les dommages environnementaux et les risques nucléaires franchissent les frontières sans difficulté.

Pour éviter une catastrophe, toutes les parties doivent réaffirmer leur engagement à respecter les principes qu'elles se sont engagées à défendre : le respect de la souveraineté, la protection des civils, le respect du droit international et la recherche de solutions négociées.

L'histoire jugera ce moment. Elle se demandera si les dirigeants ont laissé l'émotion et l'escalade dicter le cours des événements, ou s'ils ont su reculer face au précipice. Elle se demandera si les institutions ont su relever le défi ou si elles se sont repliées sur elles-mêmes, paralysées. Et elle se demandera si les citoyens ordinaires ont réclamé la paix avec suffisamment de force pour être entendus.

Le monde n'a pas besoin d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Il a besoin de courage – le courage de s'arrêter, de réfléchir et de choisir le droit plutôt que la force.

Respectez la Charte. Respectez la vie humaine. Respectez notre avenir commun.

L'alternative est trop terrible pour être envisagée.

Professeur Ing. Zamir Ahmed Awan , président fondateur du GSRRA, sinologue, diplomate, éditeur, analyste, conseiller, consultant, chercheur au Centre de recherche sur la coopération économique et commerciale du Sud mondial et membre non résident du CCG. (Courriel : awanzamir@yahoo.com ).

Image principale : Conséquences d’une frappe aérienne sur l’école Shajareh Tayyebeh (CC BY 4.0)

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