Chargé de surveiller l’intégrité scientifique, Hervé Maisonneuve avait omis de détailler ses rémunérations de Pfizer (118 650 €)
Le scénario aurait paru trop gros pour une satire : l’homme chargé de surveiller l’intégrité scientifique à Santé publique France se retrouve lui-même rattrapé par des déclarations de liens d’intérêts incomplètes. Selon une enquête du Monde, Hervé Maisonneuve n’avait pas détaillé des rémunérations versées par Pfizer à sa société de conseil H2MW entre octobre 2021 et avril 2023.
mise à jour le 24/09/26
Le détail est d’autant plus piquant que Santé publique France l’a nommé en mars 2026 comme référent externe à l’intégrité scientifique pour trois ans. Sa mission : prévenir et traiter les manquements à l’intégrité, mais aussi conseiller l’agence sur sa stratégie de lutte contre la désinformation et la mésinformation
Pfizer : 171 150 euros dans la base, 118 650 euros selon Maisonneuve
Dans la base Transparence Santé, Pfizer a déclaré 171 150 euros versés à H2MW entre octobre 2021 et avril 2023. Hervé Maisonneuve conteste toutefois ce total, qu’il attribue à des doublons. Il affirme avoir réellement perçu 118 650 euros TTC, soit 98 875 euros hors taxes sur trois ans.
La nuance est importante : l’existence de sa société H2MW avait bien été déclarée. En revanche, selon Le Monde, les rémunérations de Pfizer et le détail de ce client ne figuraient pas dans ses déclarations publiques d’intérêts de 2024 et 2025, ni dans la rubrique consacrée à ses liens d’intérêts sur son blog. L’intéressé a annoncé qu’il allait les mettre à jour.
Son site personnel mentionne par ailleurs qu’il a été salarié de Pfizer France entre 2005 et 2009. Dans la liste transmise au Monde après ses questions, Hervé Maisonneuve a également signalé des prestations pour Merck et pour Medical Axès, un cabinet travaillant notamment avec l’industrie pharmaceutique
Le spécialiste de la désinformation rattrapé par la transparence
L’épisode arrive à un moment particulièrement délicat. Hervé Maisonneuve a co-signé en janvier 2026 un rapport remis au gouvernement sur l’information en santé et la lutte contre la désinformation. Quelques semaines plus tard, Santé publique France lui confiait précisément une mission d’intégrité et de conseil dans ce domaine.
La période des versements Pfizer, d’octobre 2021 à avril 2023, recouvre la fin de la crise sanitaire liée au Covid-19. Cela ne signifie pas pour autant que ces prestations portaient sur le Covid ou les vaccins. Hervé Maisonneuve affirme au contraire qu’elles n’avaient aucun rapport avec ces sujets.
Reste une contradiction difficile à escamoter : un spécialiste dont le travail consiste notamment à exiger des règles claires de transparence a dû compléter ses propres déclarations après que des agents de Santé publique France ont comparé plusieurs registres publics. L’arroseur arrosé, version blouse blanche
Une crédibilité institutionnelle qui se joue aussi sur les déclarations d’intérêts
Le gouvernement a fait de la lutte contre la désinformation en santé un axe de politique publique, avec une stratégie nationale lancée en 2026. Dans ce contexte, l’exemplarité des personnes chargées d’arbitrer ce qui relève de l’information fiable, de la mésinformation ou d’un manquement scientifique devient centrale.
Hervé Maisonneuve reconnaît lui-même que la situation peut troubler et promet de préciser l’ensemble des clients de sa société. Santé publique France, sollicitée par Le Monde, n’a pas souhaité commenter. Pour une institution qui mise sur la confiance, la transparence arrive cette fois après la découverte du problème. C’est moins élégant qu’un communiqué, mais beaucoup plus instructif.
Pour consulter transparence santé , tapez : https://www.transparence.sante.gouv.fr/pages/accueil/
RépondreSupprimerpuis : renseignez le nom du praticien
C'est particulièrement intéressant pour connaître les revenus annexes des médecins hospitaliers qui profitent de leur notoriété en tant que médecins d'un service public pour se faire des revenus avec le système privé des laboratoires pharmaceutiques.
On peut aussi consulter les "dons" fait par les laboratoires en recherchant à partir du nom du laboratoire
Ainsi , un laboratoire japonais avec une succursale française et UN SEUL médicament répertorié dans la spécialité des médicaments neurologiques a donné des sommes importantes à un célèbre psychiatre et même payé la location d'un salle de conférence qu'il avait organisé
Un autre psychiatre que j'avais accusé de pratiquer la médecine sous pseudonyme ( formellement interdit par le CSP) note maintenant 2 patronymes pour justifier ses revenus