Après un coup de fil avec Zelensky, Ursula débloque 3,3 milliards pour des missiles et des drones
Correction (texte improprement souligné) impossible
Un coup de téléphone avec Volodymyr Zelensky, puis une annonce à 3,3 milliards d’euros. Jeudi 17 septembre, Ursula von der Leyen a annoncé que l’Union européenne allait verser dès le lendemain une nouvelle tranche destinée à financer des missiles et des drones pour l’Ukraine. Une somme qui tombe au moment où la France affiche une croissance nulle, un chômage en hausse et un pouvoir d’achat en recul.
mise à jour le 18/09/26
« Je viens d’avoir un appel téléphonique avec le président Zelensky. Demain, nous verserons 3,3 milliards d’euros pour des missiles et des drones en Ukraine », a écrit Ursula von der Leyen jeudi soir.
À lire la publication seule, on pourrait croire que Bruxelles vient de découvrir 3,3 milliards entre deux coussins du canapé après le coup de fil de Volodymyr Zelensky. La réalité administrative est moins spectaculaire : cette somme appartient à un programme décidé plusieurs mois auparavant.
3,3 milliards sur un prêt européen de 90 milliards
En avril, le Conseil de l’Union européenne a définitivement adopté un prêt de soutien de 90 milliards d’euros à l’Ukraine pour 2026 et 2027. Sur cette enveloppe, 30 milliards sont prévus pour le soutien économique et budgétaire et 60 milliards pour la défense.
Pour la seule année 2026, 28,3 milliards doivent ainsi être rendus disponibles afin de financer les capacités militaires ukrainiennes. Le versement annoncé par von der Leyen n’est donc pas né de son appel avec Zelensky : il constitue une nouvelle tranche d’un dispositif déjà adopté.
Le mécanisme n’est pas non plus un simple virement puisé directement dans les caisses d’un État membre. Selon le Conseil de l’Union européenne, le prêt est financé par des emprunts réalisés par l’UE sur les marchés, garantis par le budget européen. Son remboursement doit, selon le dispositif prévu, être assuré par les réparations de guerre dues par la Russie à l’Ukraine.
Pendant ce temps, les chiffres français virent au gris
Le contraste avec la conjoncture française est forcément spectaculaire. Selon les dernières données de l’Insee, le PIB français n’a pas progressé au deuxième trimestre 2026 : 0,0 %, après une baisse de 0,2 % au trimestre précédent. Le chômage a atteint 8,3 %, contre 7,6 % un an auparavant.
Plus directement encore pour les ménages, le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre. En août, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an et ceux de l’énergie de 16,7 %.
L’ensemble de l’Union européenne ne traverse d’ailleurs pas une période euphorique. Dans ses prévisions du printemps, la Commission européenne tablait sur seulement 1,1 % de croissance dans l’UE en 2026 et 0,9 % dans la zone euro, avec une inflation européenne attendue à 3,1 %.
Des milliards qui illustrent un choix politique
Pour Bruxelles, le raisonnement est assumé : soutenir militairement l’Ukraine face à « l’invasion russe » participe directement à la sécurité européenne. Ses opposants contestent, eux, l’ampleur et la durée de cet engagement, notamment lorsque les finances publiques et le niveau de vie des Européens sont sous pression.
C’est là que l’annonce de von der Leyen prend une dimension politique bien supérieure à son simple montant. Les 3,3 milliards n’ont pas été décidés jeudi soir au téléphone. Mais ce nouveau versement matérialise une priorité budgétaire désormais durable : sur les 90 milliards du prêt européen à l’Ukraine pour 2026 et 2027, les deux tiers sont réservés à la défense.
Le téléphone d’Ursula n’imprime donc pas les billets. Bruxelles avait déjà préparé le chéquier.
Qui dirige vraiment la politique guerrière de l’Europe ?
Les États-Unis prévoient de livrer à Israël un lot de 40 000 bombes puissantes dans le cadre d’un prochain contrat de 2,8 milliards de dollars (2,42 milliards d’euros).
L’administration Trump a approuvé la vente de 48 avions de combat furtifs F-35 à l’Arabie saoudite, pour un montant de 24,3 milliards de dollars.
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