Carburant : après Sète, les pêcheurs bloquent aussi Nice et Frontignan

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Le carburant coûte cher, les aides remontent, mais les bateaux ne quittent pas la contestation. Ce jeudi 17 septembre, les pêcheurs méditerranéens ont remis le couvert à Frontignan et Sète, tandis qu’un nouveau blocage s’est installé à Nice.

mise à jour le 17/09/26

La hausse du carburant n’est plus seulement visible à la pompe : elle commence désormais à fermer des ports.

À Frontignan, dans l’Hérault, le mouvement a commencé vers 3 heures du matin. Selon les informations de l’AFP, la police a compté entre 150 et 200 pêcheurs au début de l’opération. Les camions-citernes ne pouvaient plus entrer ni sortir du dépôt pétrolier, tandis que les voitures des riverains continuaient à circuler.

À quelques kilomètres de là, une trentaine de bateaux ont bloqué le port de Sète. La veille déjà, les pêcheurs avaient occupé le dépôt de Frontignan avant d’être évacués par les forces de l’ordre.

La mobilisation n’est donc plus un simple coup de semonce. Depuis lundi, les actions se succèdent sur le littoral méditerranéen.



Nice entre à son tour dans le mouvement

À Nice, une demi-douzaine de petits bateaux ont pris position à l’entrée maritime du port. L’action était calme dans la matinée, mais suffisamment efficace pour perturber le trafic.

Un ferry de Corsica Ferries qui devait rejoindre Nice a ainsi été dérouté vers Savone, en Italie. Plusieurs yachts attendaient également de pouvoir quitter le port.

De Frontignan à Nice, le message est le même : les pêcheurs expliquent que le prix du carburant pèse désormais trop lourd dans leurs coûts d’exploitation.

Et le problème dépasse largement les seuls professionnels de la mer. Le 16 septembre, le gazole atteignait environ 2,36 euros le litre en moyenne. Un plein de 50 litres approche ainsi les 118 euros.

Le poisson est peut-être frais, mais la facture énergétique commence sérieusement à sentir le brûlé.

Le gouvernement relève l’aide à 35 centimes

Face à la hausse des prix, Emmanuel Macron a demandé mercredi au gouvernement une « totale mobilisation » sur l’approvisionnement et les prix des carburants.

Sébastien Lecornu a annoncé dans la foulée la prolongation des aides ciblées jusqu’au 31 décembre. Pour les pêcheurs, le soutien doit passer de 25 à 35 centimes par litre, soit le niveau maximal autorisé par la Commission européenne selon les services du Premier ministre.

Dix centimes supplémentaires, donc. Suffisant ? Les pêcheurs n’ont visiblement pas attendu la réponse pour remettre les bateaux devant les ports.



Une réunion décisive avec Catherine Chabaud

Ange Natoli, l’un des représentants des pêcheurs, a qualifié le blocage de jeudi d’« action symbolique ». Il devait rejoindre Paris dans la matinée pour rencontrer la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud.

L’issue de cette réunion dira si les ports retrouvent rapidement leur fonctionnement normal ou si le mouvement se poursuit.

Ces blocages ne suffisent évidemment pas à annoncer, à eux seuls, une crise économique générale. Mais ils constituent un nouveau signal de tension : lorsque le carburant devient trop cher pour travailler, produire ou simplement se déplacer, la hausse du litre cesse rapidement d’être une statistique.

Elle finit sur les quais, devant les dépôts pétroliers et, parfois, en travers des ports.


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