Fin des élections/séduction, retour à la bureaucratie sanitaire
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Covid-19 : Macron compte sur la bureaucratie sanitaire pour se refaire
Le retour des mesures anti-covid permet au président de reprendre la main sur un quinquennat qui s’annonce d’autant plus compliqué qu’il supposera de composer avec un Parlement que l’Élysée a méprisé durant 5 ans.
« Le port du masque est fortement recommandé ». La période électorale terminée, la vie hexagonale reprend son cours, et en particulier s’agissant des restrictions liées au covid.
En témoignent les messages reçus depuis quelques jours par de nombreux Français, dans leurs transports, leur travail ou leur supermarché.
Ce mardi, ce sont les Niçois qui ont été rappelés à la réalité. Chez nos confrères de CNews, le maire de Nice Christian Estrosi a déclaré envisager le rétablissement de l’obligation du port du masque dans les transports de la capitale maralpine. Le maire, proche du parti présidentiel dont il fut un des acteurs de l’émergence lors des élections régionales de 2015, prend la suite de la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, qui a recommandé lundi la même mesure au niveau national. Une ministre qui devrait pourtant incessamment sous peu quitter l’exécutif du fait de sa défaite au second tour des élections législatives dans le Pas-de-Calais face à une candidate RN.
Le prétexte de la septième vague
En cause, l’arrivée d’une septième vague de l’épidémie animée, selon certains, par une immunité vaccinale qui s’érode avec le temps. Le nombre quotidien de nouveaux cas avoisinant les 45 000, on oublie que le nombre de morts est à un de ses niveaux les plus bas depuis le début de l’épidémie.
Alors que le pass vaccinal a été officiellement suspendu mi-mars, les indicateurs font craindre un retour du dispositif pourtant voué à être supprimé dès le 31 juillet.
Le retour des bureaucrates
Au cœur de ce dispositif de retour des restrictions sanitaires se trouvent naturellement les préfets et organismes déconcentrés tels que l’ARS.
Alors que plusieurs préfectures ont annoncé rester vigilantes, le Premier ministre Élisabeth Borne a réuni les directions de ces administrations afin d’envisager les solutions face à la situation épidémique.
La fin de la période électorale facilite largement ces enjeux. La sanction des urnes étant passée et le pays démarrant une diète électorale d’au moins deux ans, la France retrouve la période épidémique, qui s’apparente plus que jamais à un jour sans fin mais qui n’est pas dénuée d’intérêt politique.
Un recentrage politique
Le chef de l’État semble s’être focalisé sur les sujets régaliens pour oublier ce qui est et restera un échec aux élections législatives pour le parti présidentiel. Un retour aux sources de la présidence de la République qui n’est pas sans intérêt élyséeologique, mais qui ne semble être que la manœuvre politicienne d’un président affaibli moins de 70 jours après sa réélection.
Le retour des mesures anti-covid en sont également une illustration plus que flagrante, permettant au président de reprendre la main sur un quinquennat qui s’annonce d’autant plus compliqué qu’il supposera de composer avec un Parlement que l’Élysée a méprisé durant 5 ans.
Dans ce contexte, le retour du chef de l’État à des sujets régaliens, aidé par les administrations déconcentrées, apparaît naturellement comme un moyen déguisé de reprendre la main et faire oublier un peu plus ses lacunes démocratiques en se recentrant sur l’administration centrale.
Une manière comme une autre de profiter d’une crise pour se refaire une popularité sur le dos de nos libertés.
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