Difficile, dans le contexte des mouvements lycéens (qui s’étendent aujourd’hui aux étudiants, tandis que d’autres appellent à une convergence plus large des luttes et des protestations), de ne pas réfléchir à la question qui devrait pourtant être sur toutes les lèvres : que fait-on aujourd’hui de l’enfance ?
Et de ce point de vue, les journées de Saintes, ces 23 et 24 octobre, semblent effectivement tomber à point nommé : essayer d’en parler vraiment. Non pas de se cacher derrière des analyses superficielles, mais de regarder là où ça fait le plus mal, à savoir du côté de la maltraitance (et même de la violence) institutionnelle, d’une perversion et d’une cruauté parfois inouïes.
Non, contrairement à ce qu’il affirme, aujourd’hui (et peut-être même depuis très longtemps) l’État ne prend absolument pas soin des enfants de ce pays. Pourquoi ? Comment ?
De l’éducation (qui n’instruit plus mais s’enferme dans une idéologie toujours plus autoritaire) à la santé (sur-médiquant les plus jeunes à grand coups de psychotropes tout en les soumettant à un calendrier vaccinal toujours plus encombré, sans prise en compte sérieuse de leurs souffrances psychologiques et de leurs angoisses quant au présent et à l’avenir), en passant par la sécurité, la moralité, le bien-être ou les conditions générales d’éducation (pensons à ce propos à tout ce que l’on a fait endurer à la jeunesse), on constate – sidérés - que derrière les discours creux et les fausses solutions qui cachent mal leurs intentions (interdire les réseaux sociaux aux enfants pour mieux contrôler la population) les faits les plus objectifs, froidement analysés, montrent une réalité inquiétante.
A ce titre, le dispositif de l’Aide sociale à l’enfance apparaît comme l’une des pires perversions qui soient. D’une intention qui semble d’abord irréprochable (protéger des enfants de sévices insupportables qu’ils endureraient dans leur famille), elle finit dans l’immense majorité des cas par produire exactement ce qu’elle prétend éviter : une violence invraisemblable à l’égard des enfants, qu’elle a le plus souvent retirés de manière illégale, abusive et scandaleuse, à leurs parents, et qu’elle laisse souvent dans la plus grande détresse, de sorte qu’aujourd’hui la moitié des SDF nés en France viennent précisément de l’ASE, quant 50% des jeunes placés en dehors de leur famille légitime subissent des agressions sexuelles à longueur de placement.
Car, on l’aura hélas bien compris, et il s’agit là d’un autre sujet brûlant, l’État non seulement ne semble pas entreprendre quoi que ce soit de sérieux contre la pédocriminalité, mais, à en croire de nombreux faits et témoignages du quotidien, on se demande même si cet État, là encore, n’œuvre pas justement dans le sens d’une sexualisation toujours plus précoce et plus violente des enfants, selon une philosophie aussi bien sadienne que sadique, banalité du mal dont le dispositif de « la protection de l’enfance » offre une illustration consternante : 80% des prostituées mineures viennent en effet de l’ASE, que l’État a justement en charge de « protéger », enfants objectivement et rationnellement livrés aux réseaux, en toute connaissance de cause, administrative et judiciaire. Feu Alain Tarrius avait d’ailleurs expliqué ce qu’il en était des enfants placés dans les Pyrénées orientales, à proximité de la Jonquera…
« Enfance, Aide sociale à l’enfance… et si on en parlait vraiment ?Comment réellement protéger nos enfants. » est là pour montrer et questionner de façon totalement assumée les graves défaillances institutionnelles dans le rapport aux enfants. Il s’agit de faire entrer les questions gênantes dans le débat public, d’en faire un sujet éminemment politique – sans aucune intention politicienne - dans une période de campagne présidentielle qui devrait surtout avoir comme priorité la question de l’enfance.
Les 23 et 24 octobre, il est important que vous nous rejoigniez à Saintes : non seulement parce que les intervenants qui prendront la parole sont des spécialistes de leur sujet, mais parce qu’en se rassemblant de façon affirmée, on donne aussi à voir une autre forme de lutte et de protestation, une autre manière de militer : celle où l’on prend au sérieux le fait que les idées peuvent et doivent s’énoncer en toute liberté, grâce aux tribunes publiques qu’organisent les associations, qui n’en peuvent plus de voir à quel point on massacre aujourd’hui ce que la société a pourtant de plus précieux : l’enfance et les enfants.
LES 23 ET 24 OCTOBRE 2026, TOUS A SAINTES !
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