Pour quelques 113 milliards de plus...
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Pour quelques 113 milliards de plus. La formule résume à elle seule l'état du débat budgétaire français. Selon plusieurs évaluations récentes, l'État devrait trouver près de 113 milliards d'euros dans les années à venir pour redresser durablement les finances publiques. Une paille ! ... et déjà les scénarios de hausses d'impôts, de nouvelles taxes les plus folles circulent.
Une question, la France, pays parmi les plus taxés du monde, est toujours confrontée à la même histoire, pourquoi ?
Ça fait déjà quelques présidents "de cette Ve République" que chaque difficulté budgétaire appelle une réponse identique : une taxe ! Une de plus, une contribution exceptionnelle, un prélèvement nouveau ou une hausse de taux, de TVA, voire d'impôt sur le revenu, de fiscalité locale, de cotisations sociales. Les recettes publiques ne cessent de croître. Et pourtant, les déficits demeurent et la dette progresse, véritable cancer de notre société assisté de millions de fonctionnaires.
Peut-être faudrait-il s'interroger sur la nature même de ce modèle social à la française. La question n'est pas de savoir s'il faut préserver l'assurance-maladie ou les retraites? Ce sont de véritables piliers qui restent au cœur du pacte social. Mais il devient primordial de se demander où atterrissent ses prélèvements toujours plus nombreux, et si chaque euro dépensé ne va pas engraisser d'un plat supplémentaire le menu de la cantine du Sénat déjà bien nourri.
Les travaux récents de ce même Sénat, sur les aides publiques aux entreprises ont relancé d'ailleurs un débat, qui, selon les rapporteurs, expriment une certaine inquiétude quant à 200 milliards d'euros d'aides diverses qui seraient accordées chaque année sous différentes formes, souvent sans évaluation globale de leur efficacité à ces entreprises. Alors que dans le même temps, les administrations, les collectivités et les organismes sociaux continuent de réclamer des moyens supplémentaires pour remplir leurs missions. Une question, ces derniers seraient-ils trop obèses ou trop gourmands, ou nos entreprises seraient-elles trop taxées et pas assez compétitives ?
Le paradoxe est frappant : jamais la dépense publique n'a atteint un niveau aussi élevé, et pourtant le sentiment d'un manque de ressources demeure permanent. Comme si la société française s'était installée dans une forme de fuite en avant budgétaire où chaque problème appelle davantage de solutions, par le financement, de l'État bien sûr, sans questionnement sur l'efficacité globale, et sur le fait que le "mammouth" pourrait être légèrement dégraissé comme avait pu l'évoquer Allègre déjà à l'époque en parlant de l'Éducation nationale cette fois.
Les 113 milliards d'euros à trouver constituent peut-être moins une urgence comptable qu'un révélateur politique qui oblige à se demander si l'objectif consiste à maintenir indéfiniment un système toujours plus coûteux ou à redéfinir des priorités et à simplifier.
Aucune société ne peut réellement survivre du seul accroissement des prélèvements. Le point de bascule est déjà largement franchi, la question n'est plus combien taxer, mais comment, sans achever le mouton que l'on a déjà trop tondu.
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