La nécessité d’une troisième option – Voter ou ne pas voter revient, hélas, au même : les deux actes équivalent à consentir. Partie 1

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Auteur(s)
Xavier Azalbert, France-Soir

Publié le 08 juin 2026 - 10:23                     

Consentir à ce que la volonté du peuple soit systématiquement bafouée. Consentir à ce que le principe fondateur de la République - « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » - reste un slogan creux qui ne sert qu’à convaincre d’une promesse qui n’est jamais tenue. Consentir à ce qu’une petite oligarchie verrouillée accapare le pouvoir à son profit exclusif et au service d’intérêts souvent contraires à ceux de la France et des Français.

Dès lors, une troisième option s’impose impérativement.

Car jamais, dans l’histoire de la Ve République, la souveraineté populaire n’a été véritablement exercée. Depuis l’imposition du Traité de Lisbonne en 2008 par le Parlement réuni en Congrès, au mépris du « Non » clairement exprimé par le peuple en 2005, cette trahison n’a cessé de s’aggraver. Elle a atteint son paroxysme sous Emmanuel Macron. En pratique, le régime s’est inversé : gouvernement des « ennemis » du peuple, par les « ennemis » du peuple, pour les « ennemis » du peuple, et contre le peuple.

D’où, d’ailleurs, une protection policière des élus et du Président poussée à l’extrême sous l’ère Macron. Barrières métalliques sur des kilomètres, forces mobiles surarmées, gardes rapprochées renforcées, surveillance permanente, drones et dispositifs d’exception : jamais un régime français n’avait autant protégé physiquement ses dirigeants.

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Cette protection ostentatoire s’accompagne de pratiques qui en disent long sur le fossé creusé avec le peuple : privatisation des Champs-Élysées lors des défilés et fêtes nationales, interdisant de fait aux citoyens ordinaires de participer aux célébrations collectives ; restriction drastique des accès aux tribunes officielles, réservées aux « fidèles » du système ; déploiement massif des blindés Centaures contre les agriculteurs ou les manifestants pacifiques, alors que ces mêmes engins restent soigneusement au garage lors des émeutes urbaines violentes suivant une victoire du PSG.

Fort avec les faibles, faible avec les forts. C’est la confirmation d’un constat dressé par les historiens à toutes les époques : plus un régime politique est corrompu et despotique, plus la protection de ses dirigeants devient massive et ostentatoire. Le peuple n’est plus seulement ignoré : il est perçu comme une menace. La justice à géométrie variable (1) achève de dresser un mur entre le pouvoir et la nation.

Ce rejet massif est aujourd’hui quantifiable. Selon le sondage « Le Pouls de la Nation » réalisé par l’institut MIS Group pour France-Soir / BonSens.org en juin 2026, le Parti du Rejet (« Aucun de ces candidats ») arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 21,3 %, devant Jordan Bardella (20,5 %). Ce « parti » informel devance ainsi toutes les formations politiques traditionnelles et confirme l’ampleur de la défiance : une large partie des Français ne se reconnaît plus dans l’offre politique actuelle et refuse de cautionner le système par son vote. Ce sondage, comme beaucoup d’autres, révèle une fracture profonde : le peuple ne consent plus. Pourtant, le système continue de fonctionner comme si de rien n’était.
 
L’accès au pouvoir étatique est verrouillé. Réservé en exclusivité aux candidats du système.
La Constitution de 1958 a créé un régime présidentiel qui s’apparente à une monarchie élective. Le Président concentre l’essentiel des pouvoirs réels : nomination aux postes stratégiques, dissolution de l’Assemblée, etc. La procédure de destitution (article 68) est un leurre absolu : malgré un rejet massif de sa politique, aucun parlementaire n’a osé l’engager sérieusement contre Macron.
 
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Le verrouillage véritable s'opère en amont, par une succession de filtres conçus pour écarter tout intrus :
  • Les 500 parrainages (devenus publics et nominatifs depuis 2022) : tout élu qui parraine un outsider s’expose à des représailles immédiates (exclusion du parti, perte de subventions, fin de carrière). Les postulants doivent obtenir ces 500 signatures auprès d’environ 47 000 mandats habilités, ramenés en réalité à environ 42 000 élus uniques en raison des cumuls de fonctions dont les politiciens sont coutumiers. Seulement une douzaine de candidats ont réussi en 2022. La plupart des véritables outsiders ont échoué lamentablement. À cela s’ajoute une manœuvre supplémentaire révélatrice : en 2022, François Bayrou a mis en place une « banque des parrainages » qui a permis de centraliser une partie des signatures entre les mains d’un homme qui deviendra ensuite Premier ministre. Un « contrôle supplémentaire », parfaitement intégré au système qui jouera un rôle clé pour empêcher certains candidats d’avoir leurs parrainages puisqu’un homme seul, dans le système politique depuis toujours, aura la main mise sur la décision de qui peut participer ou pas.
     
  • Le financement colossal : une campagne présidentielle viable exige entre 10 et 40 millions d’euros (Macron a déclaré plus de 16,7 millions d’euros en 2022, Pécresse 14,3 millions). Seuls les candidats adossés à de puissants réseaux financiers, aux grands partis ou à des donateurs fortunés peuvent tenir la distance. Un indépendant sans machine derrière lui est hors-jeu.
     

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  • Le Conseil constitutionnel, ultime arbitre qui valide ou invalide candidatures et résultats. Il est aujourd’hui présidé par Richard Ferrand, intime et fidèle serviteur d’Emmanuel Macron, nommé par ce dernier. Ce verrou institutionnel final ne laisse guère de doute sur son impartialité tant sur l’approbation des candidats en amont que sur la validation des résultats en aval.
     
  • Le verrouillage systématique des postes stratégiques : au-delà des pouvoirs directs, le Président nomme à tous les postes clés de l’État (Conseil constitutionnel, Cour des comptes, Banque de France, Conseil d’État, préfectures, grandes entreprises publiques, etc.) des proches et des fidèles. Cette pratique, poussée à l’extrême sous Macron, permet de contrôler durablement l’appareil d’État, même au-delà de son mandat.

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  • Le rôle des partis politiques (article 4 de la Constitution) : en théorie libres, ils contrôlent en pratique les investitures, le financement public des partis (proportionnel aux voix et aux élus), la discipline de groupe et la visibilité nationale. Sans une machine partisane rodée, même un candidat populaire reste un isolé condamné à l’impuissance. De plus les consignes de votes, qui sont illicites, sont monnaie courante, et donc une règle supplémentaire « non-dite » qui vient violer la souveraineté populaire
     
  • L’excès de normes, règles et contraintes qui transforme même les élus « rebelles » en captifs du système : multiplicité des textes européens et nationaux, commissions de contrôle, déclarations de conflits d’intérêts, pressions fiscales, judiciaires ou administratives, discipline de vote imposée. Tout est fait pour que les récalcitrants finissent par rentrer dans le rang, soient neutralisés ou brisés. Le système ne se contente pas d’exclure les outsiders : il domestique ou élimine ceux qui tentent d’entrer de l’intérieur.

À cela s’ajoute la toute-puissance des médias mainstream : celui qui bénéficie du matraquage médiatique l’emporte presque mécaniquement. La télévision, la radio et la grande presse façonnent encore l’opinion d’une large partie de la population, fatiguée et pressée.

Certes, à cause des mensonges répétés, du partisanisme propagandiste flagrant, et du discrédit accumulé par des médias largement subventionnés par l’État, leur puissance est en perte de vitesse. Cependant le système ne reste pas inactif. Il cherche désormais à labelliser les grands médias officiels pour leur donner un vernis d’acceptabilité et de « fiabilité », tandis qu’il relègue systématiquement les médias alternatifs et indépendants au rang de sources « non-fiables », « complotistes » ou « désinformantes ». Cette stratégie de contrôle de l’information parachève le verrouillage : non seulement les médias traditionnels imposent le candidat, mais ils travaillent activement à discréditer toute voix dissidente qui pourrait menacer le monopole narratif du système.

 

Pourquoi ce système est-il mathématiquement impossible à percer pour un véritable outsider ?

Imaginez le trafic aérien. Pour protéger la vie des passagers, nous avons empilé des milliers de normes, procédures, certifications et contrôles redondants : formation rigoureuse des pilotes, maintenance obligatoire des appareils, protocoles de sécurité, tours de contrôle, etc. Chaque couche rend le vol extrêmement sûr pour les passagers… mais rend virtuellement impossible qu’un amateur passionné « sans agrément officiel » prenne les commandes d’un A380 et décolle. Tout cela est fait pour la sécurité des passagers.

C’est exactement ce qui a été fait avec le processus électoral… mais au prétexte fallacieux, lui, de la sécurité électorale !

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Chaque règle, chaque contrainte, chaque « garde-fou démocratique » a été présentée comme une protection. En réalité, ces barrières ont été calibrées pour empêcher l’émergence de tout candidat réellement extérieur au système. Elles forment un escalier monumental dont chaque marche est plus haute que la précédente, et dont la dernière se situe hors de portée de quiconque n’appartient pas déjà au club.

Techniquement, il s’agit de probabilités conditionnelles : la probabilité de réussir l’étape suivante à condition d’avoir franchi les précédentes. Quand on multiplie plusieurs nombres nettement inférieurs à 1, le résultat s’effondre exponentiellement vers zéro.

P(succès) = Probabilité qu’un véritable outsider devienne Président de la République
                  = P(parrainages) x P(financement) x P(visibilité médiatique) x P(validation institutions) x                        P(soutien populaire non manipulé)

D’où viennent ces ordres de grandeur ? Ils sont tirés directement des réalités observées lors des élections de 2017 et surtout 2022 :

  • P(parrainages) ≈ 1.2 % : Sur ~42 000 élus habilités, seuls 12 candidats ont franchi le cap des 500 signatures en 2022 (sur des dizaines de prétendants). La grande majorité des outsiders indépendants ont obtenu zéro ou très peu de parrainages. Avec la publication nominative et la « banque des parrainages » centralisée, ce filtre est devenu presque infranchissable pour un candidat hors système. Macron a obtenu 2098 parrainages soit 5% et le dernier candidat quelques 500 soit 1.2%.
     
  • P(financement adéquat) ≈ 3 à 5 % : Une campagne sérieuse coûte au minimum 10-17 millions d’euros (plafond officiel ~16,85 M€ au 1er tour). Macron a déclaré 16,7 M€, Pécresse 14,3 M€, Mélenchon 13,7 M€. Les candidats hors système ou sans grands réseaux financiers voient leurs dépenses plafonner bien en dessous du million (ex. Jean Lassalle à ~800 000 €). Sans argent, impossible de tenir une campagne nationale.
     
  • P(visibilité médiatique favorable) ≈ 0,8% à 8 % : L’ARCOM et les grands médias accordent l’essentiel du temps de parole aux candidats du système. Les outsiders reçoivent une couverture minimale, souvent négative ou moqueuse. Sans matraquage médiatique massif et bienveillant, impossible d’atteindre une notoriété suffisante au niveau national. La plupart des « petits candidats » se sont plaints de ne pas avoir la même exposition médiatique. Mathématiquement elle devrait être de 1 sur 12. À savoir si « l’égalité » du temps de parole était la règle, et non pas l’équité en fonction du poids politique. Ainsi, ce temps de parole peut donc être équivalent, mais il est présenté à des audiences bien inférieures en nombre, car les « petits candidats » sont mis à des heures de faible audience. Les gros candidats ont ainsi, en réalité, 10 à 30 fois plus de temps de parole que les petits, et les 3 ou 4 principaux candidats concentrent 60 à 70% du temps de parole.
     
  • P(validation institutions) ≈ 0,60 (60 %) : Même en cas de percée miraculeuse, le Conseil constitutionnel (présidé par Richard Ferrand, proche de Macron), l’administration électorale et les recours possibles gardent un pouvoir de filtrage important. Le risque de disqualification, de contestation ou de recomptage défavorable reste élevé.
     
  • P(soutien populaire non manipulé) ≈ 0,35 (35 %) : Malgré la lassitude grandissante, une grande partie de l’électorat (environ les 2/3) reste influencée par le matraquage médiatique, la fatigue quotidienne et le manque de temps pour s’informer en profondeur. Seule une minorité résiste durablement à l’influence des médias dominants.

Calcul : P(succès) = 0,012 x (0,03 à 0,05) x  x (0,008 à 0,08) x 0,6 x 0,35 = 0,0000006 à 0,000000108 

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La probabilité qu'un candidat véritablement extérieur au système soit élu président est donc, dans le meilleur des cas, d'une chance sur 992 000, et dans le pire des cas d'une chance sur environ 1 650 000. Ce n’est pas une coïncidence malheureuse. Ce n’est pas un « bug » du système.

C’est une fonctionnalité.

Chaque nouvelle règle, chaque nouvelle « sécurité démocratique », chaque marche supplémentaire de l’escalier réduit exponentiellement la probabilité d’une vraie rupture démocratique. Le système n’est pas défaillant : il fonctionne exactement comme prévu pour ceux qui l’ont conçu et qui en profitent depuis des décennies. Il transforme la démocratie en une illusion statistique parfaitement verrouillée.

Ainsi, « voter » ou « ne pas voter » revient rigoureusement au même : c’est consentir à cette captation permanente de la souveraineté populaire. C’est accepter qu’une infime minorité impose sa volonté à tout un peuple, élection après élection.

Dès lors, une troisième option n’est plus seulement légitime. Elle est vitale.

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La partie 2 exposera concrètement en quoi elle consiste.

 

Retrouvez le résumé vidéo de la premiere partie de cet article : 

https://www.youtube.com/watch?v=jHRdPqkYeyU

 

1) justice à géométrie variable : comme dans l’affaire Lyanna ou le silence médiatique assourdissant autour de la différence d’âge entre Emmanuel Macron et Brigitte qui en d’autres temps aurait dû intéresser la justice autant que les médias, à minima d’une interrogation sur le rôle qu’un professeur a pu jouer sur son élève

 

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