La Géorgie refuse d'adopter les sanctions de l'UE contre l'Iran, invoquant ses « intérêts nationaux ».
(Crédit photo : Giorgi Arjevanidze / AFP)
La Géorgie a officiellement refusé d'appliquer les dernières sanctions de l'UE contre l'Iran, a rapporté Interpressnews le 17 août. Tengiz Sharmanashvili, député du parti au pouvoir Rêve géorgien, a déclaré que Tbilissi ne soutenait les mesures internationales que lorsqu'elles servaient les intérêts géorgiens.
« Si cela va à l'encontre des intérêts de la Géorgie, peu nous importe à qui cela sert », a déclaré Sharmanashvili.
« La question de savoir si la Géorgie adhère à une résolution ou prend des mesures dans les affaires internationales est déterminée par un seul critère : celui de savoir si cela sert les intérêts du pays à ce moment précis », a-t-il ajouté.
Sharmanashvili a cité l'exemple de la Turquie et de la Serbie, qui bénéficient toutes deux du statut de pays candidat à l'UE et qui, de la même manière, sont restées à l'écart de la dernière série de sanctions contre l'Iran.
Le paquet de mesures, annoncé par la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas, s'articule autour de trois décisions.
La première réforme remanie le régime de sanctions existant, en supprimant et en ajoutant des individus et en révisant le traitement d'une organisation.
La seconde mesure étend les dispositions relatives au soutien militaire iranien aux groupes armés opérant en Russie, au Moyen-Orient et dans la région de la mer Rouge, et entraîne le retrait de quatre personnes.
La troisième liste mentionne six autres personnes pour « violations des droits de l'homme » en Iran.
Neuf pays ont adhéré à ces mesures. L'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, membres de l'Espace économique européen, les ont soutenues, de même que l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord et l'Ukraine, candidats à l'UE.
Le refus de la Géorgie s'inscrit dans un assouplissement plus général de sa politique étrangère par rapport à la ligne du bloc.
Le rapport de l'UE sur l'élargissement de 2025 indique que l'alignement de la Géorgie sur la politique étrangère et de sécurité commune était de 40 % en octobre 2025, contre 53 % l'année précédente.
Bruxelles se heurte à une résistance interne croissante à sa politique de sanctions, notamment concernant les mesures visant la Russie.
Le soutien diplomatique à une récente série de sanctions contre la Russie s'est effondré, a rapporté le Financial Times (FT) le 19 juillet, la Grèce, la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et le Portugal exigeant chacun des exemptions ou bloquant complètement le paquet pour protéger les industries qui profitent encore du commerce russe.
Les diplomates ont qualifié l'ampleur des refus d'« inédite », avertissant que ce processus risque de vider de leur substance les sanctions elles-mêmes.
« C’est une crise majeure pour l’ensemble du système de sanctions. Si tout le monde réclame des dérogations et des échappatoires, alors au final, chaque paquet de sanctions n’est qu’une boîte vide », a déclaré une source au Financial Times.

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