Réarmement et soutien à l’Ukraine : Macron célèbre 36 milliards d’euros supplémentaires, financés par les impôts, la TVA et la dette
La loi de programmation militaire 2024-2030 vient d’être actualisée. Emmanuel Macron applaudit une hausse massive des dépenses de défense. Pour son financement, le contribuable peut déjà vérifier la profondeur de ses poches.
mise à jour le 19/08/26
À l’Élysée, on sabre volontiers le champagne lorsque les milliards partent en uniforme. Dans un communiqué publié le 14 août 2026, Emmanuel Macron s’est félicité de la validation de la nouvelle loi de programmation militaire. Selon la présidence, ce texte doit permettre à la France de conserver « l’armée la plus efficace d’Europe ».
La formule est martiale. La facture l’est tout autant. La loi promulguée le 16 août 2026 ajoute 36 milliards d’euros aux crédits prévus entre 2026 et 2030. L’enveloppe totale consacrée à la mission Défense atteint désormais 435,7 milliards d’euros sur la période 2024-2030.
Drones, missiles et service national au menu
Les crédits de paiement de la Défense doivent passer de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030. Drones, missiles, défense antiaérienne, cyberdéfense, munitions et renseignement figurent parmi les priorités. Le texte finance également la montée en puissance d’un service national militaire volontaire, avec un objectif de 10 000 engagés en 2030.
Cette montée en puissance arrive alors que les armées peinent toujours à conserver leurs effectifs. Malgré une baisse récente de l’attrition, le ministère des Armées enregistre encore plus de 25 000 sorties définitives par an. Recruter des volontaires ne suffira donc pas si, dans le même temps, les militaires déjà formés continuent de quitter l’institution par dizaines de milliers. Quant au Service national universel pour les 15 à 18 ans, il a fait la preuve de son échec. Disparu cette année, il sera remplacé par le Service national pour les 18 à 25 ans sur la base du volontariat. Macron laisse au prochain chef des armées le soin de constater le succès prévisible de cette riche idée.
L’effort national de défense devra atteindre au moins 2,5 % du produit intérieur brut en 2030, puis 3,5 % en 2035. Pendant que les services publics comptent les postes et les lits, l’industrie militaire peut donc compter les commandes.
L’Ukraine conserve sa ligne de crédit
Le texte garantit aussi une clause spécifique concernant le financement du soutien français à l’Ukraine. Les équipements détruits ou devenus inutilisables au cours d’une mission pourront bénéficier de crédits supplémentaires, distincts de l’enveloppe déjà programmée. En clair, les 435,7 milliards ne forment pas nécessairement le plafond définitif.
Cette mécanique convient parfaitement à Bruxelles, où le réarmement européen et le soutien prolongé à Kiev servent désormais de politique industrielle, diplomatique et presque sociale. Quand une difficulté apparaît, l’Union européenne propose généralement un emprunt. La dette a au moins cet avantage politique : son remboursement tombe souvent après les élections.
Même sans impôt sur le revenu, chacun participera
Reste la question que les communiqués présidentiels traitent avec moins d’enthousiasme : qui paiera ? Les recettes publiques proviennent notamment de la TVA, de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés et de multiples taxes. Le ministère de l’Économie rappelle lui-même que la TVA représente 16,8 % des prélèvements présentés dans son panorama des recettes publiques.
Une personne non imposable sur le revenu contribuera donc chaque fois qu’elle remplira son réfrigérateur, paiera son énergie ou achètera des vêtements. Comme les dépenses publiques dépassent toujours les recettes, le reste sera financé par l’emprunt, avec des intérêts à régler plus tard.
Macron commande les drones, les ménages alimentent la caisse et leurs enfants récupèrent l’échéancier. Voilà au moins une opération militaire dont le plan de bataille est parfaitement lisible.
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