Depuis des semaines,
les médias traditionnels nous abreuvaient de faux discours sur une
soit-disant diplomatie intense autour de l’hypothétique programme
nucléaire iranien, un paravent cachant à peine l’enjeu des fabuleuses
ressources énergétiques fossiles iraniennes pour Washington. On nous
disait dans un flot de bla-bla sans fond et sans aucun sens que l’envoyé
américain Steve Witkoff menait des négociations de dernière minute à
Genève. Nous avons vu le ministre des Affaires étrangères d’Oman,
pourtant réticent, faire la navette entre Washington et Téhéran,
tweetant hier encore que « la paix est à notre portée ». Le genre de
bavardage parasite qui est pris pour de l’argent comptant par les
organismes de veille et de suivi de l’information, des Chancelleries de
beaucoup de pays « gogos » ainsi que par des universitaires totalement
déconnectés du monde réel mais dont le fond ne vaut absolument rien car
il relève de la tromperie, de la ruse de guerre perpétuelle et de la
guerre hybride à intensité variable.
Tout cela n’était que mensonges. Ou, en termes militaires, il s’agissait d’une « opération de désinformation».
Le tandem USA/Israël a
complètement laissé tomber le masque. En frappant alors que les
diplomates étaient encore dans la salle, les États-Unis et Israël ont
révélé que les négociations n’avaient jamais été menées de bonne foi. Il
s’agissait d’une tactique dilatoire, d’un écran de fumée destiné à
gagner du temps pour permettre le renforcement massif des forces de
combat auquel nous avons assisté ces trois dernières semaines .
Cela rompt avec le
modèle traditionnel et apparent de la politique étrangère américaine.
Auparavant, Washington aimait bien entretenir l’image fictive du «
guerrier réticent », entraîné presque malgré lui dans des conflits par
les actions de ses alliés ou de ses adversaires. Ce n’est pas le cas
cette fois-ci. Cette fois-ci, ils sont en première ligne.
Depuis des décennies,
les analystes géopolitiques débattent de la nature de cette « relation
très spéciale » entre les États-Unis et Israël. Les États-Unis sont-ils
le partenaire principal, ou est-ce la queue qui remue le chien ? Les
événements actuels suggèrent une fusion si profonde et totale que la
question n’a plus lieu d’être, mais la réponse est accablante. Les
États-Unis sont Israël.
Cette décision révèle sans équivoque qui détient le pouvoir à Washington : l’État profond et le lobby israélien ont gagné.
Il ne s’agit pas ici
d’« America First », mais bien d’« Israel Forever ». Le déploiement
massif de F-22 Raptors sur le sol israélien – une première dans
l’histoire – en est la preuve . L’armée américaine agit comme une force
aérienne avancée pour assurer la domination stratégique d’Israël. En
fait, les États-Unis ont toujours assuré ce rôle pour Israël.
Les masques sont
tombés. Les diplomates ont échoué dans un jeu truqué d’avance. Les
bombes tombent. Et le monde voit désormais clairement que lorsqu’il
s’agit de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis n’agissent pas en
tant que nation souveraine indépendante, mais en tant que bras armé de
l’appareil sécuritaire israélien.
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