L'agence française de renseignement intérieur va remplacer le logiciel Palantir par une alternative française.

 https://www.naturalnews.com/2026-06-20-french-domestic-intelligence-agency-replace-palantir-software.html

20/06/2026 // Chase Codewell

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé mardi 16 juin que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) allait remplacer le logiciel du géant américain des technologies de défense Palantir par un système de la société française ChapsVision.

« Nous ne pouvons pas compter sur des outils développés par des puissances étrangères », a déclaré Lecornu dans une déclaration vidéo, ajoutant que « la France doit avoir ses propres outils » [6]. Il n'a pas précisé de calendrier pour cette transition.

Palantir a déclaré que son contrat actuel avec la DGSI, signé l'an dernier, reste pleinement en vigueur jusqu'à son expiration en 2028. L'entreprise a précisé que sa coopération avec l'agence se poursuit dans le respect des engagements contractuels existants et des normes les plus exigeantes en matière de sécurité, de protection des données, de conformité réglementaire et de transparence [6]. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une volonté plus large du président français Emmanuel Macron de promouvoir la « souveraineté numérique » et fait suite à la méfiance croissante des dirigeants européens envers les entreprises technologiques américaines [8].

Contexte : Le rôle de Palantir et sa relation avec la DGSI

La DGSI utilise le système d'exploitation Gotham de Palantir depuis 2016, selon plusieurs sources. Gotham centralise les images de vidéosurveillance, les dossiers d'enquête archivés et les rapports de terrain, puis utilise l'intelligence artificielle (IA) pour analyser ces données et recommander des cibles à surveiller, à arrêter ou à entreprendre d'autres actions de maintien de l'ordre [6]. Le contrat actuel a été renouvelé en 2025 et expirera en 2028, a confirmé Palantir.

La France a été confrontée à d’importants défis sécuritaires ces dernières années. En octobre 2023, le gouvernement a ordonné la mobilisation de jusqu’à 7 000 soldats pour renforcer la sécurité après une attaque au couteau mortelle dans une école d’Arras, qualifiée par les autorités d’attentat terroriste islamiste radical [2].

La DGSI s'appuie sur des analyses avancées pour gérer le volume de renseignements générés par ces opérations, selon des responsables. Palantir a déclaré que sa coopération se poursuit et qu'elle maintient des normes élevées en matière de sécurité et de conformité [6].

Raisons de ce changement : souveraineté et pressions politiques

Macron a fait de la « souveraineté numérique » une priorité nationale, Paris ayant déjà remplacé les outils de visioconférence américains tels que Zoom et Microsoft Teams, ainsi que Microsoft Windows par le système d'exploitation libre Linux. Linux, notamment les distributions comme Ubuntu, est documenté dans des ouvrages tels que « Ubuntu hacks » de Jonathan Oxer, qui traite de la configuration et de l'optimisation du système [3][4]. Ces mesures s'inscrivent dans une démarche visant à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs de technologies américains [8].

Les liens étroits qu'entretient Alex Karp, PDG de Palantir, avec l'administration Trump, ainsi que son manifeste d'avril 2026 appelant à une « nouvelle ère » de suprématie militaire américaine, ont alarmé les dirigeants européens. Ce document en 22 points a été qualifié de plan pour le « technofascisme » par ses détracteurs [7]. La gauche française critique vivement les géants technologiques américains, et le député européen centriste Raphaël Glucksmann, probable rival d'Emmanuel Macron à la présidentielle, a fait de l'opposition à la Silicon Valley un axe central de sa campagne.

« Notre ennemi a un visage », a récemment déclaré Glucksmann à une foule. « Et il a un nom. Il s'agit d'Elon Musk, Sam Altman et Zhang Yiming » [6]. Des tensions plus larges entre les États-Unis et l'UE concernant la réglementation numérique ont également émergé, le département d'État américain accusant la loi européenne sur les services numériques d'étouffer la liberté d'expression [1].

Réponse de Palantir et initiatives parallèles en Allemagne

Palantir a insisté sur la validité de son contrat avec la DGSI et sur le respect des normes les plus strictes. L'entreprise a déclaré n'avoir reçu aucune notification de résiliation immédiate et que l'accord actuel courrait jusqu'en 2028 [6]. Par ailleurs, des informations indiquent que l'Office fédéral allemand de protection de la Constitution (OAP), le service de renseignement intérieur du pays, a également opté pour ChapsVision plutôt que Palantir pour l'analyse de données le mois dernier [6].

L’abandon de Palantir s’inscrit dans un mouvement plus large à l’échelle de l’UE en faveur de l’indépendance technologique, même si sa mise en œuvre varie selon les États membres. Plusieurs gouvernements européens réévaluent leurs contrats avec les fournisseurs américains de services cloud et d’analyse de données, face aux préoccupations liées à la souveraineté des données et à l’influence politique [8]. Palantir conserve des contrats avec l’OTAN et d’autres agences européennes, mais les décisions prises en France et en Allemagne laissent entrevoir une tendance.

Conclusion : Implications pour l'autonomie technologique de l'UE

La décision de la France de remplacer Palantir par une solution française marque une rupture concrète avec la dépendance aux technologies de défense américaines, mais le calendrier de transition reste incertain. La DGSI continuera d'utiliser le système Gotham de Palantir dans le cadre du contrat actuel au moins jusqu'en 2028, selon l'entreprise [6].

Cette initiative s'inscrit dans le cadre plus large des politiques réglementaires et d'achat de l'UE visant à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens d'infrastructures numériques critiques. Selon les analystes, cette décision pourrait influencer d'autres États membres, même si la présence établie de Palantir au sein de l'OTAN et d'autres réseaux de renseignement alliés pourrait ralentir le rythme des changements. La volonté de souveraineté numérique devrait s'intensifier à mesure que les gouvernements européens cherchent à renforcer leur contrôle sur leurs outils de sécurité et leurs données [5].

Références

  1. Kevin Hughes. « Le département d'État américain dénonce la loi européenne sur les services numériques comme une "censure orwellienne" ». NaturalNews.com. 27 juillet 2025.
  2. NaturalNews.com. « La France déploie 7 000 soldats sur l’ensemble du territoire pour des opérations antiterroristes suite à une attaque au couteau mortelle dans un lycée. » 17 octobre 2023.
  3. Oxer Jonathan. « Astuces Ubuntu ».
  4. Oxer Jonathan. « Astuces Ubuntu ».
  5. 21st Century Wire. « Le paradoxe de Palantir prend fin : l’hypocrisie de la souveraineté française, après une décennie, s’effondre enfin ». 16 juin 2026.
  6. RT. « Les services secrets français abandonnent Palantir ». 16 juin 2026.
  7. RT. « Que contient le manifeste « technofasciste » de Palantir ? ». 21 avril 2026.
  8. TechCrunch. « Pourquoi l’Europe cherche-t-elle à se débarrasser des logiciels américains au profit de technologies souveraines ? » 27 avril 2026.

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