Fin des privilèges ? Raffarin garde son chauffeur et s’enfuit après l’accident de son véhicule

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Le 11 juin 2026, à midi, en plein cœur de Paris, boulevard Malesherbes, s’est jouée une scène édifiante. Une berline Renault Talisman officielle, gyrophare allumé et sirène hurlante, a franchi un feu rouge avant de percuter un scooter. Au volant, le chauffeur de Jean-Pierre Raffarin. À l’arrière, l’intéressé lui-même, ancien Premier ministre de Jacques Chirac et chargé de mission d'Emmanuel Macron.

mise à jour le 26/06/26

L’accident du 11 juin révèle ce que beaucoup soupçonnaient déjà : la fin des privilèges n’était qu’une annonce creuse.

La fuite discrète

Selon l’enquête de Mediapart, une fois les secours arrivés, Jean-Pierre Raffarin est descendu du véhicule et a quitté les lieux à pied, direction le parc Monceau, sans daigner s’enquérir de l’état du conducteur du scooter. Le gyrophare et la sirène ? Toujours actifs. Le feu rouge ? Un détail. Le scooteriste, lui, a dû se contenter des secours, sans même un regard de la part de l’illustre passager.

La comédie des économies

Pourtant, depuis le 1er janvier 2026, les anciens Premiers ministres ne devraient plus bénéficier de voiture avec chauffeur. Une mesure de « rationalisation » annoncée en grande pompe par le gouvernement, censée mettre fin à des avantages à vie jugés anachroniques. Vingt-quatre chauffeurs et autant d’agents de sécurité avaient été « libérés ». Jean-Pierre Raffarin, interrogé à l’époque, avait même affirmé accepter cette fin « sans problème », allant jusqu’à prétendre rapporter plus d’économies à l’État qu’il ne lui coûtait.

L’astuce de l’oligarchie

Mais voilà : Jean-Pierre Raffarin a su contourner la règle. La berline officielle, les frais de personnel, le traitement de faveur… tout est resté en place. Emmanuel Macron y a veillé en lui accordant une mission diplomatique officielle sur les relations franco-chinoises, qui lui permet de justifier des déplacements professionnels relevant de l’intérêt général. Et comme l’intérêt général nécessite un chauffeur…
Pendant que les Français subissent l’austérité, les hausses d’impôts et la dégradation des services publics, les dinosaures de la République continuent de rouler aux frais du contribuable, comme si de rien n’était.

Le mépris en action

L’accident du 11 juin révèle ce que beaucoup soupçonnaient déjà : la fin des privilèges n’était qu’une annonce. La Macronie a joué la comédie de la rupture avec les avantages indus, mais la réalité de l’oligarchie, elle, n’a pas bougé d’un iota. Jean-Pierre Raffarin, membre éminent de cette caste qui squatte le pouvoir depuis des décennies, n’a rien perdu de ses prérogatives. Le 11 juin à midi, l’heure du déjeuner n’a pas attendu, quitte à brûler un feu rouge.

L’art de l’esquive

Et quand l’incident survient, que fait-on ? On active sirène et gyrophare pour forcer le passage, on percute un usager de la route, puis on s’éclipse à pied, sans un mot pour la victime. Pas de nouvelles, pas de responsabilité assumée. Juste une promenade discrète vers le parc Monceau, comme si l’affaire ne concernait que le chauffeur.



Deux France, deux poids

Ce n’est pas un simple accrochage. C’est la démonstration criante du fossé entre cette élite autoproclamée et le pays réel. Pendant qu’on impose la rigueur aux petits, qu’on supprime des lits d’hôpital, qu’on augmente les taxes sur le carburant et l’énergie, les anciens locataires de Matignon gardent leur voiture, leur chauffeur… et leur impunité.

La leçon de Raffarin

Jean-Pierre Raffarin n’est pas un cas isolé. Mais son accident, et surtout son comportement après les faits, illustre à merveille le mépris tranquille de ceux qui se croient au-dessus des règles. Gyrophare pour les uns, amendes et points pour les autres. Sirène pour passer au rouge, et départ à pied quand ça tourne mal. Et en laissant le scootériste derrière lui. La France d’en haut continue. La France d’en bas, elle, ramasse les morceaux.

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