La société israélienne de cybersécurité BlackCore accusée d'ingérence électorale sur plusieurs continents
https://www.naturalnews.com/2026-06-13-israeli-cyber-firm-accused-of-meddling-elections.html
Willow Tohi 13 juin 2026
- L'agence française de désinformation Viginum a accusé la société israélienne de cybersécurité BlackCore d'ingérence dans les élections municipales en France, à New York, en Écosse, en Angola et au Togo.
- BlackCore aurait ciblé des candidats politiques pro-palestiniens, notamment le maire de New York, Zohran Mamdani, et le Premier ministre écossais, John Swinney.
- Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a officiellement demandé des explications à Israël concernant les opérations de BlackCore.
- BlackCore se décrivait comme une « entreprise d'influence d'élite, spécialisée dans la cybersécurité et les technologies » avant de supprimer sa présence en ligne suite à un examen minutieux des médias.
- Ces allégations interviennent dans un contexte de détérioration des relations franco-israéliennes liée aux opérations militaires israéliennes au Liban et à Gaza.
Une enquête française révèle une campagne cybernétique mondiale
Les autorités françaises ont découvert des preuves selon lesquelles une société israélienne de cybersécurité, soupçonnée d'ingérence dans les élections locales françaises de mars, s'est également immiscée dans les scrutins à New York et en Écosse, tout en menant des opérations dans deux pays africains, ont annoncé des responsables jeudi.
Cette révélation marque une escalade significative des inquiétudes internationales concernant l'ingérence numérique étrangère et soulève des questions quant à l'ampleur des cyberopérations liées à Israël ciblant des personnalités politiques pro-palestiniennes dans le monde entier.
Marc-Antoine Brillant, directeur de Viginum, l'agence gouvernementale française de lutte contre la désinformation, a déclaré lors d'une conférence de presse que des analyses techniques reliaient BlackCore, basé à Tel Aviv, à des campagnes d'ingérence numérique sur plusieurs continents.
« Ce mode opératoire ne se limitait pas aux élections municipales en France », a déclaré Brillant. « Il semble également avoir été utilisé pour mener des opérations d'ingérence numérique étrangère dans d'autres pays ou régions, comme l'Angola, le Togo, les élections en Écosse et les élections municipales de 2025 à New York. »
Élections et candidats ciblés
L'enquête a permis d'identifier des comptes liés à BlackCore ciblant John Swinney, le premier ministre écossais, qui a qualifié la campagne israélienne à Gaza de « catastrophe humanitaire provoquée par l'homme » et a suggéré qu'un génocide pourrait être en cours dans l'enclave palestinienne.
Concernant New York, Brillant n'a pas explicitement nommé de cibles lors de la course à la mairie de 2025, mais l'élection a été remportée par Zohran Mamdani, un socialiste autoproclamé et partisan de longue date de la Palestine, qui est devenu le premier maire musulman élu de la ville.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a confirmé que Paris avait demandé à Israël des explications concernant les agissements de BlackCore et une assistance pour identifier les commanditaires des campagnes de diffamation.
« Je ne doute pas un seul instant que si un groupe privé français, de surcroît basé en France, s'était livré à une ingérence numérique étrangère en Israël, il aurait fait de même à son ambassadeur sur place », a déclaré Lecornu.
Profil de l'entreprise et réponse
Avant de supprimer son site web et sa page LinkedIn suite aux demandes des médias, BlackCore se décrivait comme « une entreprise d'influence d'élite, spécialisée dans la cybersécurité et la technologie, conçue pour l'ère moderne de la guerre de l'information », qui fournissait aux gouvernements et aux campagnes politiques des « stratégies de pointe, des outils avancés et une sécurité robuste pour façonner les récits ».
L'entreprise n'a pas répondu aux demandes répétées de commentaires.
L'ambassade d'Israël à Paris a confirmé que la France avait pris contact avec elle, indiquant qu'elle attendait des détails de l'enquête française pour mener sa propre investigation.
« Israël n’a bien sûr aucune intention de s’ingérer dans le processus politique français, que ce soit au niveau national ou municipal », a déclaré l’ambassade dans un communiqué.
Contexte plus large des relations tendues
Cette controverse survient dans un contexte de tensions croissantes entre la France et Israël. Paris a condamné les frappes israéliennes au Liban, ancien territoire sous mandat français, qui ont fait de nombreuses victimes civiles.
La France a également interdit l'entrée sur son territoire au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, après qu'il a publié une vidéo où il se moquait d'activistes, les yeux bandés et ligotés, appartenant à une flottille d'aide à Gaza et comprenant des citoyens français.
Ross Colquhoun, responsable du numérique au sein du Parti national écossais, a déclaré à Reuters que lors des élections écossaises de mai, les plateformes de médias sociaux du parti avaient été soumises à un niveau sans précédent de réactions et de commentaires négatifs provenant de comptes qui semblaient être des bots générés par l'IA.
Par ailleurs, Brillant a reconnu que l’enquête de Viginum « n’a pas permis d’identifier le ou les commanditaires, s’ils existent effectivement, à l’origine de cette ingérence numérique étrangère ».
importance historique
L'affaire BlackCore constitue l'un des exemples les plus complets et documentés d'une entreprise privée de cybersécurité ayant prétendument mené des opérations d'ingérence électorale simultanément dans plusieurs pays souverains. Historiquement, l'ingérence électorale a été associée à des acteurs étatiques, ce qui rend l'implication d'une entreprise privée israélienne particulièrement remarquable.
Ces allégations soulignent également à quel point le conflit israélo-palestinien est devenu une ligne de fracture centrale dans la guerre informationnelle numérique mondiale, les personnalités politiques pro-palestiniennes étant de plus en plus souvent la cible de cybercampagnes sophistiquées.
Alors que la France fait pression sur Israël pour obtenir des réponses et que d'autres nations concernées réfléchissent à leurs réponses, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des entreprises privées de cybersécurité opérant au-delà des frontières internationales et sur l'adéquation des cadres juridiques existants pour lutter contre de telles ingérences.
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