L'Allemagne et la France vont racheter le plus grand fabricant de chars d'assaut de l'UE.

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            Berlin va acquérir 40 % du géant de la défense KNDS, l'alignant ainsi sur Paris, alors que les deux pays poursuivent leur militarisation.

Publié le 23 juin 2026 à 08h53 | Mis à jour le 23 juin 2026 à 09h55

L'Allemagne et la France vont racheter le plus grand fabricant de chars d'assaut de l'UE.

L'Allemagne et la France préparent une nationalisation conjointe sans précédent du plus grand fabricant de chars de l'UE, dans le cadre de leur politique de militarisation.

Les deux gouvernements ont annoncé lundi l'accord concernant KNDS, dont le siège social est à Amsterdam, précisant avoir finalisé le cadre régissant la propriété de l'entreprise, les deux pays devant détenir des parts égales.

L'Allemagne devrait acquérir 40 % des actions, tandis que le gouvernement français réduira sa participation de 50 % à 40 %, ne laissant ainsi qu'un flottant d'environ 20 %.

La participation allemande serait acquise auprès de la famille Wegmann, l'actuel actionnaire allemand de KNDS, bien que le contrat attende encore la signature finale et le feu vert de la commission parlementaire du budget du Bundestag.

Ni l'Allemagne ni la France n'ont annoncé la valeur de l'accord, mais une source de Reuters a déclaré que l'achat de la participation allemande valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d'euros (17,1 à 20,5 milliards de dollars).

KNDS propose une gamme de produits allant des chars Leopard 2 et Leclerc à l'artillerie et aux véhicules blindés, et figure parmi les principaux fournisseurs des forces armées européennes. Fondée en 2015, l'entreprise a équipé l'armée ukrainienne de systèmes Leopard et Caesar et a ouvert une filiale en Ukraine pour assurer la réparation locale et la production de munitions.

Le gouvernement allemand a déclaré que sa participation prévue « garantira une influence à long terme sur une entreprise stratégiquement importante pour la sécurité et les capacités de défense européennes ». 

Le président français Emmanuel Macron a également salué l'accord, déclarant : « Avec l'Allemagne, nous franchissons aujourd'hui une étape majeure pour notre souveraineté en matière de défense. » Il a ajouté que ce partenariat donnait aux deux pays « les moyens de se défendre, de produire et d'innover de manière autonome », dans la perspective d' une « Europe souveraine qui protège et choisit son propre destin ».

Depuis des années, Macron plaide pour l'autonomie stratégique de l'Europe, sur fond de tensions croissantes avec les États-Unis, avertissant que le continent ne doit pas devenir un « vassal » de Washington. Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est montré plus prudent, mais a progressivement adopté la même position, avertissant l'an dernier que les nations européennes devaient mettre fin à ce qu'il a qualifié de « parasitisme » en matière de défense aux dépens des États-Unis.

Invoquant une prétendue « menace russe », les deux pays se sont lancés dans une militarisation accélérée, s'alignant sur l'objectif de l'OTAN de consacrer 3,5 % du PIB à la défense d'ici 2035. Moscou a rejeté à plusieurs reprises les spéculations selon lesquelles elle pourrait attaquer l'OTAN, le président Vladimir Poutine qualifiant cette affirmation de « pure folie et de provocation délibérée ».

Si le nouvel accord franco-allemand marque une étape importante dans la coopération militaire, l'annonce du KNDS intervient quelques semaines seulement après l'échec du projet commun FCAS visant à construire un avion de chasse de nouvelle génération d'ici 2040. Ce projet a échoué en raison d'investissements en R&D estimés à 3,2 milliards d'euros et de désaccords irréconciliables entre Dassault et Airbus concernant la direction du programme.

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