Le « Conseil de la paix » de Trump dispose de « zéro dollar » malgré 17 milliards de dollars de promesses de dons
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Washington envisage la saisie des recettes fiscales palestiniennes retenues par Israël pour compenser le déficit de financement.
27 MAI 2026
(Crédit photo : Mark Schiefelbein/AP)Le fonds officiel géré par la Banque mondiale pour le « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump à Gaza est actuellement vide, a rapporté le Financial Times (FT) le 27 mai, malgré des promesses de dons s'élevant à environ 17 milliards de dollars.
« Cet argent n'a pas été versé au Conseil. Il n'est pas géré par ce dernier. Le département d'État nous indique qu'il n'est pas prévu que le Conseil de la paix en prenne la gestion », a déclaré un haut responsable du Congrès au FT.
Alors que le conseil d'administration avait envisagé un effort international pour reconstruire l'enclave dévastée, celui-ci aurait été bloqué par des irrégularités financières, une incertitude juridique et un manque de progrès sur le terrain.
Un point de désaccord majeur concerne la destination des fonds. Selon des sources citées par le Financial Times, alors que le fonds officiel approuvé par l'ONU reste vide, le conseil d'administration a préféré verser les dons sur un compte JPMorgan.
Ce compte privé ne répond pas aux exigences de transparence et de déclaration indépendantes imposées par la Banque mondiale, ce qui suscite des inquiétudes chez les observateurs et les législateurs.
Bien que certains fonds – dont 3 millions de dollars provenant du Maroc et 20 millions des Émirats arabes unis – aient été utilisés pour payer les salaires du personnel, les allocations plus importantes destinées à la sécurité et aux infrastructures restent soit gelées, soit non dépensées.
La structure du conseil d'administration est également atypique, note le Financial Times, puisqu'il est dirigé personnellement par Trump, qui conserve l'autorité finale et peut rester en poste même après la fin de sa présidence.
Conformément à sa charte, les pays doivent payer une cotisation d'un milliard de dollars pour obtenir une « adhésion à vie » ou un siège permanent au conseil d'administration.
Alors que certains alliés du Moyen-Orient et des nations plus petites cherchant à obtenir les faveurs de Trump se sont ralliés à la cause, de grandes puissances européennes comme la France et la Grande-Bretagne ont refusé.
Des critiques, dont le sénateur américain Brian Schatz, ont relevé le contraste entre la description du conseil par le département d'État comme une agence semblable à l'ONU et la description qu'en a faite Trump lui-même comme une « cour royale ».
Malgré les 71 milliards de dollars estimés nécessaires à la reconstruction de Gaza au cours de la prochaine décennie, aucun fonds n'a été alloué aux projets de reconstruction proprement dits.
Un porte-parole du conseil d'administration a déclaré que les contrats n'avaient pas été attribués car l'organisation n'opérait pas encore à Gaza, citant le refus du Hamas de désarmer comme principal obstacle.
Le comité technocratique palestinien formé pour gouverner la bande de Gaza reste incapable de mener à bien le moindre travail sur le terrain en raison de ce manque total de financement.
Face à l'important déficit de financement, Washington aurait fait pression sur l'Arabie saoudite pour qu'elle finance une grande partie du projet, car de nombreux pays qui avaient initialement promis leur soutien hésitent désormais à payer en raison de l'impasse diplomatique et de la guerre américano-israélienne contre l'Iran.
Des diplomates indiquent que si le conseil d'administration avait initialement sollicité des droits d'entrée auprès de partenaires internationaux, nombre d'entre eux ont refusé, ce qui rend la survie financière de l'initiative fortement dépendante du soutien des États du Golfe.
En outre, les États-Unis envisagent la possibilité de saisir une partie des 5 milliards de dollars de recettes fiscales de l'Autorité palestinienne (AP) actuellement retenus par Israël pour financer les opérations en difficulté du conseil d'administration.
Ce plan prévoit de détourner une partie de ces fonds vers une autorité de transition soutenue par les États-Unis à Gaza, tandis que le reste des recettes ne serait versé à l'Autorité palestinienne que si celle-ci accepte de se soumettre à des réformes spécifiques exigées par Israël.
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