Avec 43 millions de comptes piratés, la France explose son record annuel
En 2025, il avait fallu douze mois pour que 40,3 millions de comptes français soient piratés. Cette année, le seuil a été franchi en six mois, et la France concentre à elle seule 58 % des comptes compromis en Europe. Administrations, écoles, opérateurs télécoms, personne n'est épargné, et un mot de passe volé aujourd'hui peut resservir dans une arnaque des années plus tard.
Siècle Digital revient sur ce basculement. Le nombre de comptes compromis n'a jamais grimpé aussi vite, et les cybercriminels ne visent plus seulement les entreprises. L'ANTS, l'organisme qui délivre cartes d'identité et passeports, a été touchée. Parcoursup et l'Éducation nationale aussi. Même Service-public.gouv.fr y est passé. Une étude de Surfshark, entreprise lituanienne spécialisée en cybersécurité, montre que l'Europe dépasse pour la première fois l'Amérique du Nord comme continent le plus touché par les fuites de données, et qu'un compte piraté sur trois dans le monde appartient désormais à un Européen. Six de ces victimes sur dix vivent en France. Face à cette vague, l'État a débloqué 200 millions d'euros pour sécuriser ses systèmes informatiques, une somme qui pèse peu face aux 43 millions de comptes déjà piratés en six mois.
Le baromètre de Surfshark, détaillé par Gameblog, chiffre les dégâts avec précision. 43,4 millions de comptes français ont été compromis entre janvier et juin, en hausse de 62,3 % par rapport au second semestre 2025. La France concentre 58 % des comptes piratés en Europe et occupe le deuxième rang mondial, juste derrière les États-Unis, où 90,8 millions de comptes ont fuité sur la même période. Les deux pays réunissent à eux seuls près de la moitié des 313,4 millions de comptes compromis dans le monde depuis janvier. Depuis 2004, la France en a vu passer 756,6 millions, dont 486,5 millions avec le mot de passe associé. Les données volées ne s'évaporent pas avec le temps, prévient Stamulis : « elles peuvent être exploitées plusieurs années plus tard ».
Epoch Times explique cette singularité par l'architecture même des choix numériques publics français. La centralisation des fichiers nationaux crée des cibles attractives, un seul point d'accès suffisant pour intercepter des millions d'identités, quand l'Allemagne répartit ses systèmes entre Länder. L'année 2026 ressemble à un inventaire des brèches administratives. En janvier, la plateforme HubEE de la DINUM a égaré 70 000 dossiers. En mars et en avril, les outils Compas et ÉduConnect de l'Éducation nationale ont été piratés, exposant 243 000 enseignants et plusieurs millions d'élèves mineurs. En juin, la messagerie chiffrée Tchap a vu les données de 73 467 agents exposées après une simple usurpation de compte. Début juillet, un cybercriminel revendiquait le vol des données professionnelles de 45 362 agents du ministère de la Culture. Le 13 janvier, la CNIL avait déjà infligé une amende de 42 millions d'euros à Free et Free Mobile pour la fuite de 24 millions de contrats d'abonnés. Faute d'un numérique d'État fédéralisé, un mot de passe volé à Paris vaut pour tout le pays.
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