Une directrice de police évincée pour avoir refusé la répression contre les agriculteurs
Dans l'ombre étouffante des crises qui rongent la France, un acte de désobéissance civique au sein même de l'institution policière vient de provoquer un séisme. Agnès Mazin-Bottier, directrice de la sécurité publique des Landes, a été sommairement débarquée de son poste par le préfet Gilles Clavreul. Sa faute est inexpiable aux yeux du pouvoir : avoir refusé de transformer ses forces en milice contre des éleveurs et cultivateurs désespérés.
mise à jour le 27/01/26
L’injonction répressive et le refus salutaire
Les faits, divulgués par le syndicat majoritaire des commissaires, sont d’une brutalité administrative confondante. Alors que des agriculteurs des Landes bloquaient pacifiquement des routes pour hurler leur détresse, le préfet du département a sommé Agnès Mazin-Bottier de les « dégager » et d’opérer des interpellations massives. Face à cet ordre venu d’en haut, qui sentait la matraque et le gaz, la directrice a opposé un non ferme, privilégiant la raison et l’apaisement. La sanction fut immédiate et exemplaire : son éviction pure et simple. Frédéric Lauze, du Syndicat des Commissaires, dénonce un « mépris managérial » qui punit le sens du service public.
Le message adressé à toute une profession
Cette mise à l’écart n’est pas un simple incident de parcours. C’est un coup de semonce adressé à tous les fonctionnaires de police. Le message du pouvoir est clair : votre rôle n’est pas d’apprécier la situation sur le terrain, encore moins de protéger des manifestants légitimes. Il est d’obéir. Toujours. Même quand l’ordre donné consiste à broyer la colère juste de ceux qui nous nourrissent. Agnès Mazin-Bottier était ce rare rempart contre la bêtise d’un État prêt à tout pour faire taire l’opposition, même pacifique. En la sacrifiant, on révèle la nature profonde d’un système autoritaire.
Une solidarité qui désavoue le pouvoir
Le silence aurait pu l’ensevelir. Il n’en fut rien. Le syndicat a publié un vibrant soutien, relayé par des milliers de policiers et de citoyens. Cette lame de fond est un désaveu cinglant pour le préfet des Landes et pour la macronie, qui croyaient pouvoir étouffer l’affaire. Le peuple, lui, a reconnu l’une des siens : une femme qui a choisi son camp, celui de la République des justes, contre celui des bureaux vengeurs.
Cette éviction est une tache indélébile. Elle marque le jour où l’État a officiellement puni l’humanité dans ses rangs.
Qui est le préfet Gilles Clavreul ?
Pur produit de la bourgeoisie parisienne (École Alsacienne, Sciences Po, Ena), carrière de fonctionnaire (directement directeur de cabinet du préfet du Gard dès la fin de ses études, puis sous-préfet, etc.).
Délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRAH), à Tel Aviv en 2016, il met de l’huile sur le feu en déclarant à Times of Israël que la question palestinienne est instrumentalisée pour servir l’antisémitisme : « La mobilisation palestinienne est beaucoup plus radicale en France qu’ici. »
En trois ans, lorsqu’il dirigeait la DILCRAH, il avait dépensé 40 000 euros de frais de taxis. Interpellé par la direction financière de Matignon, il a répondu que tout cela était bien naturel quand on n’a pas de chauffeur de fonction.
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