vendredi 7 mars 2014

Clés et violations ( écrit en 2011)


Queenstown   est sans conteste   un point de chute  privilégié par des sportifs,  des routards et  de nombreux  moins jeunes, à la recherche d’animations et de sensations .
Pour loger  les innombrables touristes  que cette ville attire, des résidences de styles disparatres  s’étirent   le long du lac, en terrasses   .
La jonction entre  la ville- repos et la partie  ville- commerçante s’articule autour d’une jolie petite maison  de  bois peinte en blanc  : une loge FM modeste et accueillante.  La fenêtre sans rideau  laisse voir le maillet sur la table et une série d’attaché-cases sur les étagères.  Un panneau  complète l’impression générale  :   “les visiteurs sont les bienvenus”
Tout à côté , une autre charmante double  maison  restaure  français.  Même des gens en uniforme.

La communauté  d’origine corse semble particulièrement active à Queenstown . Elle n’hésite pas à compléter son emploi du temps avec du harcèlement , femmes et filles y compris ,  qui prennent des airs appliqués d’Hercule Poirot en mission spéciale.

 A Queenstown,  j’avais retenu ferme ,  une voiture “petit gabarit” chez OMEGA ,  une bonne  semaine à l’avance.  La veille de mon  départ , j’étais passée à la boutique OMEGA vérifier que tout était conforme. C’était “oui ” .
Le lendemain , tout avait changé.  OMEGA  voulait  me faire profiter d’une voiture d’un modèle supérieur et sans supplément de prix. 
Mais  je tenais vraiment  à mon “petit-gabarit” plus pratique pour la conduite à gauche.  J’avais refusé ce cadeau.  L’employée  avait demandé    ½  heure pour arranger tout cela .  ½ heure plus tard  c’était devenu “ça ou rien”.

Je m’étais installée au volant . Un homme de type méditerannéen aux lunettes de soleil à 180 °  surveillait  la voiture, du trttoir d’en face  . J’avais attendu.  Ça ressemblait   à ce que je connais maintenant assez bien .

Arrivée à  Wanaka, j’avais laissé mes bagages dans le coffre de la voiture  .
Le soir, au moment de les transporter dans le motel, je n’avais pas pu rater une poignée de feuilles mortes   déposées près de l’une des valises, cadenas correctement fermés.
En ouvrant la valise, toute la documentation qui se trouvait  dans la poche du couvercle  avait volé . La fermeture éclair  de la poche  avait été ouverte.
La poignée de feuilles mortes était la signature de la violation.

Donc une copie de la clef de cette voiture, fournie par un employé d’OMEGA,  voyageait et  sans doute  même avec moi.  Dans une protection de phare .... à l’intérieur d’un garde boue ...scotchée sous la voiture ?
Pour ce qui était de connaître ma destination , j’avais le choix également entre du repérage humain, une balise fixée sous la voiture ou le dispositif GPS intégré dans le modèle  de ce  véhicule imposé. Tout simplement
 Pour ouvrir une porte et la refermer  sans abîmer la serrure, il faut une clef . C’est vrai pour un appartement, une maison, une chambre d’hôtel ou une voiture.

Pour organiser des violations incessantes, il faut une bonne coordination, un  consensus de malfaisance  et un réseau de volontaires-habitués .

Les  violations de domiciles   que je peux évoquer et décrire   incluent les violations de lieux de vie , les violations des  domiciles  temporaires ainsi que  les violations de véhicules .

Pendant 10 ans , les violations de lieux de vie ont été au rythme constant et absolu de une violation de lieu de vie à chaque absence.

En 10 ans, j’ai acheté ou fait acheté    27  serrures ou  verrous différents  de haute sécurité . Pour rien.
Les violeurs de domicile sont toujours  entrés  immédiatement et parfois  même,  comme à Saint Malo,  avant moi. Là, j’étais locataire et je n’avais pas changé les serrures .

Le  point le plus  intriguant  de ce  système  de violations obsessionnelles   concerne   les conditions de la  première copie  de chaque  clé . En voici trois exemples.

    •    A Paris XIV , des bijoux avaient été volés dans un placard de l’appartement , sans effraction de la porte d’entrée. J’avais fait changer les serrures et confié le double des clefs à la concierge, comme le règlement de cet immeuble  en SCI le stipulait . Il y avait eu aussitôt  , et cette fois, des chapardages.
              J’étais allée râler auprès du serrurier. L’employé qui m’avait reçu avait reconnu avoir fait la copie  deux jours plus tôt . La dame , avec un accent portugais qui avait passé commande  avait même demandé une facture  .
Quelques semaines plus tard, en vérifiant les comptes de la copropriété, je trouverai une facture de clés , au jour dit. Payée par les copropriétaires.
Après d’autres changement de verrous, et alors que je ne confiais plus le double de mes clés à personne, j’apercevrai  un jour une copie de ma clé Picard du moment  au porte de clé du mari de la concierge.
Puis , plus tard, la femme m’agitera  sous le nez la copie de la  plaque de ma poignée de sécurité .
Au final,  j’avais été contrainte  à  quitter cet immeuble .
La femme et le mari  y plastronnent toujours.

    •     Un spécialiste de  serrurerie rencontré en Allemagne m’avait recommandé les produits de la société Assa Abloy. J’avais envoyé un Mail à l’usine française  de cette marque, en banlieue parisienne . il était resté sans réponse .
Par téléphone, j’avais obtenu l’assurance qu’exceptionnellement on accepterait de me fabriquer
le produit dont j’avais besoin.
J’habitais en province. J’étais venue spécialement. Le contremaître m’avait reçue dès 9h du matin. J’avais commandé un barillet avec deux clés. Le technicien  s’était mis à l’oeuvre dès qu’il avait eu fini de répondre à un appel.
Soudain une secrétaire était descendue des bureaux avec une tasse de café et sous-coupe .  Pour le technicien seulement.
Intrigué, le contremaître était allé vers la machine  et revenu avec 3 clés. Je n’en avais demandé que deux. La 3ème m’avait été offerte .
La secrétaire était repartie avec la tasse de café . Vide.
La plupart des gens dans les entreprises boivent leur café dans des gobelets en carton qu’ils jettent ensuite à la poubelle.
Sur le parking en sortant, , j’avais noté   une voiture du même département que moi , arrivée après moi.
 Quelques jours plus tard, je poserai moi-même ce barillet très spécial.
Dès ma première absence, il y aura une première violation de domicile .
Il y avait eu une 4ème clé fabriquée. Et rapportée  immédiatement .


    •    À Paris XV , récemment,  j’avais opté pour une verrou à 48O euros acheté chez le serrurier de la rue Lecourbe . J’avais immédiatement confisqué la carte du  code et  la boite qui contenait les références du verrou. Elle n’irait pas à la poubelle de l’immeuble.
Le serrurier à tresse avait fait un travail soigné. Son assistant l’ admirait en passant les outils.
L’homme à la tresse  avait été interrompu par un appel sur son portable. Il disait “oui” partout. Sauf à la fin .C’était “non” Il ne voulait pas de cette adresse sur son portable. Il fallait la transmettre sur le portable de son assistant .
Après avoir raccroché, il était sorti sur la palier et s’était mis  à parler très fort. Il répétait sans arrêt les références du verrou , comme si je lui avais posé une question “ oui, mais vous vous avez acheté un ..... “ c’était la phrase, qui donnait les références du verrou. Donc de la famille de clé qui ouvrait ce verrou..
J’étais sortie après eux.
Lorsque j’étais revenue ,  un peu  plus tard. Il y avait de l’argent sur la table.
La première violation de domicile avait eu lieu.
Le message était sans doute “ c’était cher”.

Le lendemain, l’homme à la tresse m’avait bousculée d’un coup d’épaule sur le trottoir  . Il avait continué son chemin , tournant la tête de l’autre côté,  comme si rien ne s’était passé.
Il avait répété ce manège ridicule plusieurs jours de suite .
Entre temps , j’avais demandé des explications   par LAR à son patron, sur cette serrure censée inviolable mais immédiatement  ouverte par des inconnus . Je n’aurai aucune réponse.
J’écrirai à la marque . Elle dégagera sa responsabilité sur le revendeur. Celui qui ne répond pas.

L’homme à la tresse avait commencé à s’habiller en noir. Il insistait vraiment.


    •    Les violations de domicile temporaires  sont celles des chambres d’hôtels et des adresses  temporaires ou  de vacances .  Elles sont  également organisées le plus vite possible  après mon arrivée dans les endroits  mentionnés.
    •    Les violations de véhicules relèvent de la même méthode que les deux autres types de violations quant à la forme : les portes ne  sont  pas fracturées.

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